Les derniers indicateurs datent de juin 2010, et Midi-Pyrénées se plaçait alors en seconde position des régions les plus dynamiques en matière de reprise du travail temporaire : + 6,4 % sur un mois, contre + 1,3% en moyenne en France. Une bonne nouvelle qu’il convient néanmoins de nuancer, cette reprise sur un an étant beaucoup moins sensible qu’au national : + 11,4 % entre juin 2009 et juin 2010, contre + 24,8 % en France (source Pôle emploi.)
La chute de l’intérim, très marquée dans certaines régions, avait certes été localement atténuée ces deux dernières années. Selon le Service Etudes et Statistiques de la Direction des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) Midi-Pyrénées, le volume de travail temporaire a en effet reculé de 20,8 % sur la région en 2009, contre - 26 % en France. Une « perte » de 5.100 emplois équivalents temps plein, les entreprises ayant conclu 509.000 missions d’intérim, soit 12,6 % de moins qu’en 2008 (- 16,3 % pour la France).
L’industrie, qui est le secteur qui a le plus recours aux intérimaires, est également celui qui a connu la plus forte baisse l’année dernière. Le volume de travail, exprimé en équivalents temps plein (ETP), a diminué de 29 % par rapport à 2008. La métallurgie surtout, avec un repli de 39 % correspondant à 600 ETP, la fabrication de produits en caoutchouc et plastique (- 48 %, soit 450 ETP), la fabrication de matériels de transports (- 24%, soit 450 ETP) et la fabrication d’équipements électriques (- 40 %, soit 300 ETP).
La construction a également connu un net repli de l’intérim (-14 % en Midi-Pyrénées, -17 % pour la France), à l’image du tertiaire (également de – 14 %), le travail temporaire ayant aussi bien diminué dans le commerce (avec une plus nette dégradation dans le commerce de gros que de détail) que dans les transports ou les services aux entreprises.
Autre enseignement de la note de la Direccte Midi-Pyrénées, les missions proposées l’année dernière ont été globalement plus courtes qu’en 2008. Deux fois plus courtes dans le tertiaire que dans l’industrie, « du fait du poids important de la construction aéronautique où la durée moyenne des missions dépasse 10 semaines ». Tous les intérimaires n’ont par ailleurs pas été affectés de la même manière. Les jeunes de moins de 25 ans ont été ainsi les plus touchés (- 26 %, soit une perte de 1.600 ETP). Et si le recul du travail temporaire a impacté l’ensemble des catégories socioprofessionnelles (à l’exception des cadres), ce fut également particulièrement le cas pour les ouvriers (- 20 %, qu’ils soient qualifiés ou non).
Pour eux, comme pour tous les intérimaires, le ciel s’annonce cependant plus clément depuis plusieurs mois. A confirmer…