Alors que les perspectives d’emploi tendent à s’améliorer, une étude publiée par Regus, premier fournisseur mondial de solutions d’espaces de travail, se révèle particulièrement inquiétante pour les femmes. La proportion des entreprises prêtes à embaucher davantage de mères de famille aurait en effet chuté de 20% en un an. Sur le plan mondial, il y a un an, 44% des entreprises interrogées envisageaient certes d’engager des mères, contre 36% aujourd’hui. En France, où 34% des entreprises envisagent de recruter cette année, cette tendance est très marquée puisque seules 25% des entreprises déclarent souhaiter engager davantage de mères de famille contre 33% il y a un an.
Les appréhensions des entreprises à leur égard témoignent d’un retour marqué des préjugés. 37% des employeurs craignent par exemple que les mères qui travaillent soient moins impliquées et moins flexibles que les autres employés, 33% qu’elles quittent leur poste peu après leur période de formation pour un nouveau congé maternité et 24% que leurs compétences soient dépassées (24%). Les employeurs français redoutent également un défaut de flexibilité des mères qui travaillent (41%) mais s’inquiètent moins que les autres du risque existant d’un nouveau congé maternité (29 %).
Dans le même temps, et c’est tout le paradoxe, une majorité des entreprises déclare apprécier les mères qui reprennent le travail… Elles sont même 72% à estimer que les entreprises qui ignorent les mères revenant à temps partiel passent à côté d’une composante importante et précieuse de leur personnel. 56% des entreprises disent en outre accorder une importance particulière aux mères actives proposant des compétences rares sur le marché actuel. Et 57% apprécier enfin les mères qui reprennent le travail en raison de leur expérience et leurs compétences, mais aussi de leurs prétentions salariales… raisonnables ! En France, les opinions favorables à l’égard des mères qui reprennent le travail sont d’ailleurs plus élevées que la moyenne, avec 74 % des entreprises déclarant que le fait de les ignorer équivaut à exclure des employés aux compétences recherchées.
Et pourtant, c’est un fait : les mères actives verront fortement baisser leurs perspectives professionnelles cette année. Des résultats qui ne surprennent pas Olivier de Lavalette, directeur général Europe du Sud de Regus : « Il n’est pas étonnant de constater que de vieux préjugés refont surface dans un contexte d’austérité économique. Si la grande majorité des entreprises s’accorde à dire que l’exclusion des mères équivaut à renoncer à un personnel précieux et compétent, certaines appréhensions demeurent. »
En 2010, le nombre de femmes demandeurs d’emploi a augmenté de 7,7% en Midi-Pyrénées, contre + 5,4% pour les hommes…