Ils sont certes moins touchés par le chômage et poursuivent davantage leurs études que la moyenne française. Mais à y regarder de plus près, les jeunes Midi-pyrénéens cumulent les obstacles avant de parvenir à s’insérer durablement dans le monde professionnel. Et parfois plus encore qu'ailleurs.
Publiée le 9 juin dernier, par l'Insee Midi-Pyrénées, l'étude relative à l'emploi des jeunes révèle en effet qu'ils sont beaucoup plus exposés aux "formes particulières d’emploi", autrement dit précaires. Si, comme au niveau national, les jeunes salariés de la région sont trois fois plus concernés que leurs aînés par deux types d'emplois précaires, l’intérim et les CDD, l'explication réside néanmoins ailleurs."C'est parce que le temps partiel y est plus développé, déclare l'institut de statistiques, principalement chez les femmes. Ainsi, dans la région, 25% des jeunes salariées sous contrat CDI ou CDD travaillent à temps partiel, contre 21,7 % au niveau national." Et même si l'écart est moins marqué chez les jeunes hommes "la pratique plus fréquente du temps partiel pour les jeunes Midi-pyrénéens est avérée quel que soit le niveau de diplôme", remarque l'Insee.
En plus des quelque 99.000 jeunes en forme particulière d’emploi, 71.000 autres sont peu ou pas du tout insérés sur le marché de l’emploi. Au chômage (49 000) ou encore inactifs alors qu'ils ont mis fin à leurs études, ils représentent 14,1% de l’ensemble des jeunes de la région, soit une proportion inférieure à la moyenne France (15,5%).
Les jeunes sont donc moins touchés par le chômage. Une situation qui ne concerne toutefois que les hommes, les jeunes femmes étant autant impactées que l’ensemble des jeunes Françaises. Et si les jeunes de la région sont moins souvent actifs, c'est également parce qu'ils sont plus souvent en études et qu’ils étudient plus longtemps : 39% des jeunes de 15 à 29 ans, soit deux points de plus qu’au niveau national. Enfin, ils entrent plus tardivement sur le marché du travail car davantage diplômés : 41% des 20-29 ans possédaient ainsi un diplôme universitaire en 2007, contre 37% en France.
L'étude de l'Insee confirme à ce titre que le diplôme reste un facteur déterminant pour décrocher un CDI à temps complet. "En 2007, quelque 68% des jeunes Midi-Pyrénéens diplômés de l’enseignement supérieur (hors étudiants) sont en CDI à temps complet, contre 42 % pour les non-diplômés." Un sésame pour décrocher un emploi stable, mais pas forcément à la mesure de ses qualifications. "En Midi-Pyrénées, comme en France métropolitaine, seule la moitié des jeunes salariés titulaires d’un diplôme de deuxième ou troisième cycle universitaire a un emploi de cadre et près d’un quart sont des employés."