Tandis que la collecte de l'apprentissage a débuté il y a quelques jours, et qu'une réforme augmente cette année la part du quota réservée au dispositif, une étude révèle que les chefs d'entreprises envisagent de moins recruter par cette voie. Dans son baromètre annuel, Apprentis d’Auteuil rapporte en effet que 40% des chefs d’entreprises ont l’intention d’avoir moins recours à l’apprentissage en 2012 et que 43% n’y auront ni plus ni moins recours.
Un résultat qui menace particulièrement les formations techniques de niveau V (CAP et BEP), cette tendance étant déjà sensible en 2011. La proportion des formations de niveaux V a certes connu une décrue, alors que celle des niveaux supérieurs a progressé (- 9,5% pour les premiers contre + 5,7%).
Partagés sur la réforme sur le relèvement du quota d’apprentis et l’instauration d’un bonus-malus (47% pensent que cela accroîtra le recours à l’apprentissage / 38% ne le pensent pas), les chefs d’entreprises citent comme premier obstacle au recours à l’apprentissage l’inadéquation du profil des candidats (54%). La charge salariale représentée par l’apprenti (22%) et la complexité administrative (15%) sont ensuite évoquées. Et pourtant, les chefs d’entreprise interrogés par Ipsos ont bien conscience du rôle de l’apprentissage : 89 % d’entre eux jugent que c’est un outil efficace pour l’insertion sociale des jeunes et 76% un moyen efficace de lutte contre le chômage.
Le fonctionnement de la taxe d’apprentissage semble en outre mal connu (pour 71% des dirigeants). 34% des personnes interrogées déclarent ne pas savoir à qui leur entreprise verse cette taxe, 58% s’estiment mal informés du mécanisme de répartition de la taxe vers les régions et les différents organismes de formation, 45% de l’utilisation qui en est faite, 74% n'ont pas entendu parler de la réforme entrée en vigueur au 1er janvier... Bref, une opacité qui contraste avec la bonne image qu'ils ont du dispositif même, jugé "comme un moteur d'intégration des jeunes dans l’entreprise" par 75% des dirigeants.
Apprentis d’Auteuil a enfin interrogé les chefs d’entreprises sur deux des propositions de son "Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté", publié en novembre dernier. Pour améliorer la formation des jeunes les plus en difficulté et maintenir les formations de niveau V, la fondation propose l'instauration d'incitations financières et fiscales spécifiques, mais aussi de garantir aux entreprises la présence d’un interlocuteur relais, impliqué dans le suivi éducatif du jeune pendant toute la durée du contrat. Deux mesures largement plébiscitées (à 79 et 82%).