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Conseil de l'emploi
30.08.10

Le Doctorat, passeport pour l’emploi ?

Les diplômes facilitent l’accès à l’emploi… sauf pour les doctorants français qui continuent à s’insérer difficilement.

Il s’agit d’une exception française. « Si l’insertion des diplômés en France augmente avec le niveau de formation, il existe depuis le début des années 2000 une césure au niveau du diplôme le plus élevé de la formation universitaire : alors qu’en 2007 les jeunes diplômés de niveau Master ont un taux de chômage de 7 %, celui des titulaires d’un doctorat culmine à 10 %. » La cause à une surreprésentation ? Non. La récente étude du Centre d’Analyse Stratégique (CAS) rappelle que, toutes disciplines confondues, notre pays en comptait  11.000 en 2007, soit un volume bien inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE, pays dans lesquels les doctorants sont non seulement en augmentation mais enregistrent des taux de chômage très faibles…
Selon le CAS, les difficultés rencontrées par les chercheurs français seraient surtout imputables au manque de débouchés. « Malgré le développement important des emplois en entreprise (mais largement sur des fonctions hors recherche, ce qui témoigne aussi de l’intérêt des recruteurs au-delà du champ de la recherche), c’est surtout le sous-investissement en recherche-développement du secteur privé et, dans une moindre mesure, la préférence donnée aux ingénieurs pour les postes de recherche qui pèsent sur l’insertion professionnelle des titulaires de doctorats », peut-on lire dans la note publiée en juillet dernier. Alors que plus de 70 % désirent intégrer la recherche publique, ils sont en effet 46 % à se diriger vers le privé, un secteur qui, pour ne rien arranger, préfère souvent confier ses postes de recherche aux ingénieurs...
La situation est en outre très variable d’une discipline à l’autre. Certaines filières présentent en effet un taux de chômage plus faible que la moyenne. C’est le cas des doctorants en Droit, économie et management (8 %) et en Mécanique, électronique, informatique et sciences de l'ingénieur (6 %). Mais pour d’autres, c’est pire encore, à l’instar des chercheurs issus de la Chimie (16 %) et des Lettres et sciences humaines (11 %). Dans son étude, le CAS ne se contente toutefois pas de pointer les dangers que constitue ce sous-emploi en termes de compétitivité pour la France. Il émet également cinq propositions visant à inverser la tendance : améliorer l'information des étudiants sur les besoins de recrutements ; transférer aux Pôles de recherche et d'enseignement supérieur la compétence de délivrance des diplômes et des moyens de financement ; associer davantage les grandes écoles aux formations doctorales ; augmenter le nombre de thèses financées par les entreprises  et reconnaître le doctorat dans les conventions collectives. Cette dernière suggestion permettrait notamment de clarifier le niveau de rémunération de ces Bac +8, souvent moins bien payés que leurs collègues…

Auteur : Ingrid Lemelle

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