"La France est un pays qui bénéficie d’une position quasiment unique en Europe sur le plan démographique" souligne, en préambule, le rapport initié par le Conseil d’orientation de la Fondation manpower pour l’emploi. Atypique du fait d'un taux de fécondité stable depuis la seconde guerre mondiale, voire même en croissance depuis peu, sa population se renouvelle naturellement lorsque celle d'autres pays diminue. "L’effet actuel de la crise tend à masquer un aspect négatif du paradoxe français qu’il serait particulièrement dangereux d’oublier ou de négliger, rappelle cependant Nicole Turbé-Sueten, auteur du rapport intitulé "Gestion des âges dans le monde du travail". L’extrême fragilité dans laquelle se trouvent aussi bien les jeunes que les plus âgés sur le marché du travail."
Caractérisé par un taux de chômage très élevé pour les jeunes (de l'ordre de 20%) et un mauvais classement sur le plan européen du taux d’emploi des seniors (à peine 40% en 2008, soit largement inférieur aux 50% fixés par la stratégie de Lisbonne), la France a en effet marginalisé ces deux populations. Une "catastrophe" au regard des besoins d'un "pays vieillissant", mais aussi des entreprises qui auront "de plus en plus besoin des compétences des plus anciens".
La conséquence de l'inaction de la France qui, poursuit l'auteur, aurait "eu des effets néfastes sur trois sujets importants dont la combinaison explique les résultats médiocres en matière de gestion des âges". L'incapacité da système scolaire et de l'enseignement supérieur à "“produire” des profils correspondants aux besoins du marché et donc faciliter l’entrée des jeunes dans la vie active" est l'un d'entre eux. Le second tiendrait au "total manque d’anticipation de l’arrivée des premiers boomers à l’âge de la retraite avec la disparition de leurs connaissances, savoir-faire et savoir être". Enfin, le “grand retard organisationnel et managérial" des entreprises serait imputable à "la prise de conscience tardive des défis d’une société de l’information et de l’économie numérique".
Trois manquements donc qui devraient ainsi guider les actions à mener pour inverser la tendance. Le rapport de Nicole Turbé-Sueten ne se contente certes pas de faire un état des lieux de la situation, en France comme ailleurs. Les actions entreprises par certaines sociétés sont également citées pour exemple des bonnes pratiques à suivre. C'est le cas notamment de celles du groupe O2, d'Axa, La Poste, EADS...
La politique engagée par une autre entreprise est par ailleurs largement développée. Il s'agit de celle de Thales, son "Accord sur la Valorisation de l’Expérience et de la gestion des fins de Carrière" ayant marqué un tournant dans l’histoire du groupe.