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15.01.2018

Zoom sur les emplois "abandonnés"

Les recrutements sont en hausse. Les difficultés aussi. Au point de conduire parfois les recruteurs à jeter l'éponge.

La reprise du marché de l'emploi est sensible. 3,2 millions d’offres déposées à Pôle emploi l'année dernière en France, dont 2,9 millions d'offres pourvues. Selon une récente étude publiée par l'opérateur, ces recrutements ont très largement donné satisfaction aux employeurs, qui sont 92% à se déclarer, quelques mois plus tard, très satisfaits ou assez satisfaits.
Reste que 3,1% des offres ont été annulées. "Plusieurs motifs peuvent expliquer qu’une offre ne soit pas pourvue. Cela peut être dû à une disparition du besoin, soit parce que l’établissement a mis en place une organisation rendant inutile le recrutement, soit parce que certains projets ne se sont pas concrétisés. Le recruteur peut également avoir renoncé à son projet faute de budget", indique Pôle emploi.
Et puis, comme toujours, il y a ces offres non pourvues faute de candidats. Elles sont estimées à 150.000 pour celles uniquement déposées à Pôle emploi (soit 4,7% du total), volume qui atteindrait 200.000 à 330.000 postes pour l'ensemble du marché. "Les abandons de recrutement faute de candidats s’expliquent par des candidatures à la fois peu nombreuses (pour des raisons liées à la pénurie de formation pour certaines compétences nécessaires au poste ou encore au déficit d’image) et jugées inadéquates (manque de motivation, de compétences...)", rapporte l'étude.
51% des recruteurs imputent certes le fait de ne pas ou peu recevoir de candidatures à la pénurie de formation aux compétences nécessaires à la prise de poste. Et 35% d'entre eux l’associent au déficit d’image dont souffre le secteur ou le métier concerné. Le manque d’attractivité du poste (image, rémunération....) est également cité par 77% des employeurs. Quant aux rares candidatures reçues, elles ne correspondent pas aux attentes. Manque d'expérience pour 70% des recruteurs, de motivation (69%), de compétences (67%), de diplôme ou de formation (45%)...
Des difficultés qui se révèlent accrues pour les petits établissements, ceux positionnées sur les secteurs de l'agriculture et de la construction, les postes d’ouvriers... Et lorsque les emplois sont de courte durée (1 à 6 mois). La majorité des emplois abandonnés faute de candidats sont cependant des emplois dits "durables". 55% étaient certes proposés en CDI ou concernaient des contrats de plus de six mois.  Un problème persistant donc, et même accentué du fait de la hausse de la demande...

Auteur : Ingrid Lemelle

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