Menée auprès de 2.500 recruteurs, l’étude nationale sur le travail temporaire du groupe Hays révèle que 64 % des entreprises ont prévu de recruter des intérimaires dans les mois à venir. Un chiffre très encourageant que La Dépêche Emploi a soumis à deux acteurs régionaux du marché de l’intérim, à commencer par le nouveau délégué régional du PRISME (Professionnels de l'intérim, services et métiers de l'emploi), Bernard Petit. Alors, porteur l’intérim en Midi-Pyrénées ?
« Cette enquête ne reflète pas la tendance régionale, répond celui qui est également directeur général du groupe Toulouse Intérim (12 à 14 % du marché régional). Si le recul du marché a été moins important en 2009 dans notre région qu’au national (- 21 %, contre - 27,5 %), depuis le début de l’année, le recours à l’intérim a certes évolué de + 4 % en France, mais de - 12 % en Midi-Pyrénées ! »
Plusieurs projets pourraient toutefois relancer la demande au cours des prochains mois. « C’est le cas dans le bâtiment, indique Bernard Petit. Nous observons également une forte demande des bureaux d’études, ce qui témoigne de nombreux projets mis en œuvre, un bon signe. Certaines entreprises vont également avoir besoin de régénérer leurs stocks, or le moindre surcroît d’activité peut susciter des besoins. Enfin, nous attendons de voir comment va évoluer le projet de l’A400M…»
Pour les professions dites intermédiaires et les cadres, la situation semble en revanche bien meilleure. « Nous comptons cette année plus de personnes en mission que sur le 1er trimestre 2009 (+ 22 %) et même sur celui de 2008 (+ 19 %) », informe ainsi Xavier Héry, directeur Sud-Ouest du réseau de recrutement hautes compétences Expectra. Un bilan « rassurant » et « encourageant » que le responsable régional attribue en priorité aux demandes du tertiaire, « agents de maitrise et cadres en comptabilité finance, en ressources humaines et commerciaux », et des secteurs ingénierie, bâtiment et construction. « L’intérim ne doit pas être négligé, notamment par les catégories socioprofessionnelles élevées. Non seulement, elles peuvent aujourd’hui se voir proposer des missions correspondant tout à fait à leurs compétences, mais les entreprises appréhendent de plus en plus les candidats comme de futurs salariés potentiels. Lorsqu’elles recrutent en CDI, c’est d’ailleurs à leurs salariés intérimaires qu’elles proposent souvent d’abord leurs postes, ce qui sera d’autant plus vrai dès les premiers signes de reprise. Enfin, accepter une mission n’est pas incompatible avec la recherche d’un emploi en CDI. » Bien au contraire. Toutes les études le démontrent : un candidat en poste a certes plus de chance de décrocher un emploi qu’un candidat inactif...