En France, 56% des salariés travaillent plus de 9 heures par jour et 83% emportent du travail à leur domicile pour le terminer le soir. Alors que le débat sur les 35 heures continue d’agiter la classe politique française, Regus, premier fournisseur mondial d’espaces de travail flexibles, a enquêté sur les journées de travail des salariés. Une étude internationale (85 pays) qui révèle en outre que, loin des préjugés habituels, les collaborateurs hexagonaux semblent s’investir davantage au travail que leurs homologues.
42% des actifs français travailleraient ainsi entre 9 et 11 heures par jour, contre 38 % à l'échelle de la planète, et 14% travailleraient même régulièrement 11 heures et plus par jour, contre 10% à l’échelle mondiale. En France toujours, les salariés des petites entreprises sont les plus impactés par cet allongement des journées de travail. Ils sont 60% à déclarer travailler quotidiennement plus de 9 heures, alors que les salariés des grandes entreprises sont 48% à le faire. Les hommes sont également en première ligne : 64% des salariés français de sexe masculin rapportent passer plus de 9 heures par jour au bureau, contre 39% pour les femmes.
La frontière entre vie privée et vie professionnelle est en conséquence toujours plus poreuse. "En France, 46% des actifs emportent du travail à leur domicile plus de trois fois par semaine pour le terminer le soir, contre 43% au niveau international. Au total, les Français comme les collaborateurs à l’échelle internationale sont 83 % à emmener du travail chez eux."
Salariés masculins et de PME sont là encore davantage concernés : 51% des hommes termineraient plus de trois fois par semaine leur travail chez eux le soir, contre 36% de femmes, ce qui est également le cas de 52% des salariés des petites entreprises contre 23 % pour les collaborateurs des grandes. "La tendance s’inverse en revanche lorsqu’il s’agit d’emporter seulement une fois par semaine du travail à son domicile, note les rapporteurs de l'étude. Les salariés des petites entreprises sont 23 % à le faire, contre 45% pour les salariés des grandes."
Des résultats jugés inquiétants."La surconsommation de travail à long terme pourrait avoir des conséquences négatives à la fois sur la santé des actifs et sur la productivité dans son ensemble dans la mesure où des employés surmenés courent le risque de devenir insatisfaits et de souffrir d’un véritable déséquilibre entre la sphère privée et la sphère professionnelle", estime Frédéric Bleuse, directeur général France de Regus.